SOLITUDE 2 – Londres

Je suis l’esclave moderne d’un urbanisme en détresse. Je n’ai plus la laisse ni la caresse du maître.
L’égarement est complet, toutes les routes sont barrées.
Je vis une tristesse pâle et solitaire, dans ma cage de métal noire et claire.
C’est un sombre éternel qui accompagne la nuit froide.
J’ai beau fuir ce flou qui m’aspire, mon âme n’est jamais assez rapide. Toujours écrasé, toujours dans la brume. Aucune lune pour éclairer ce chantier en introspection.
L’espoir est en cage. Il n’est pas à libérer. On le regarde avec mépris; il n’est que le reliquat d’une époque passée où le sens avait encore un avenir.

Je suis l’employé contemporain de la Ville en dérive. Je n’ai plus les chaînes ni les étrennes du dieu.
La perdition est totale, toutes les voies sont bloquées.
J’expérimente une douleur désaturée, dans ma prison de silice arquée.
C’est un ouroboros noir qui me tient compagnie, loin de la chaleur du jour.
J’essaie d’échapper à ce trouble qui m’avale, mon esprit dans l’entrave. Éternellement étouffé, encore dans l’écume. Nul astre pour subjuguer ces travaux intérieurs.
L’espoir emprisonné. il n’est pas à délivrer. On le contemple avec honte; il n’est que le vestige de l’avant, où les chemins avait encore une issue.